La gestion de la douleur

Marie Bouchet

Choisir d’accoucher à domicile, c’est choisir de donner l’opportunité aux corps de la femme et de l’enfant d’accomplir leur potentiel créateur. Il s’agit d’un événement majeur dans l’existence de l’un et l’autre, auquel nous estimons nécessaire de s’être préparé.e.

La douleur ressentie lors de l’accouchement varie considérablement d’une femme à l’autre. Certaines décrivent des sensations puissantes dans des zones particulières : le ventre, le dos, les cuisses, le sexe… Leur intensité et leur fréquence sont croissantes au cours du travail. Les termes employés par les femmes pour les décrire varient et beaucoup parlent de « vagues ». Il est difficilement possible d’anticiper à quoi la douleur s’apparentera le jour de votre accouchement.

Nous vous conseillons donc de prendre le temps de découvrir la méthode qui sera la plus à même de vous soutenir le moment venu.

  • Se renseigner : Savoir, c’est pouvoir. Dans un premier temps, nous vous invitons à découvrir le déroulement d’une naissance physiologique : ses rythmes, ses étapes, les positions et attitudes qui peuvent faciliter le travail, ce qui au contraire, peut le ralentir ou l’empêcher… Il existe une longue bibliographie [lien vers « supports infos » qu’on pourrait rebaptiser « bibliographie »] d’ouvrages techniques, de méthodes écrites par des sages-femmes, de témoignages de parents dédiés à ce sujet… Internet regorge également de blogs, de comptes personnels ou de groupes permettant de dialoguer avec d’autres parents.
  • S’entourer : Parfois, il peut être souhaitable de rencontrer des parents ayant vécu un AAD auparavant. Leur point de vue permettra d’éclairer des questions techniques, de lever d’éventuelles appréhensions ou simplement de se sentir compris ! Le CDAAD peut servir d’interface aux parents, tout comme votre sage-femme ou une association de périnatalité locale.
  • Se préparer à la naissance avec une sage-femme formée à la physiologie : Nous vous recommandons de trouver une préparation à la naissance qui soit orientée vers la gestion naturelle de la douleur. Il existe de multiples techniques qui peuvent être explorées ou combinées.

Nombreuses sont les méthodes de gestion naturelle de la douleur à avoir fait leurs preuves. L’enjeu essentiel consiste à trouver celle qui vous conviendra le mieux. En voici une liste non-exhaustive :

Respiration :

  • Respirer : C’est sans doute ce par quoi il faudrait commencer… Face à une grande douleur, le premier soutien est le souffle. Souffler évite la crispation des muscles, permet une détente de l’esprit et éloigne la panique. La respiration offre l’opportunité d’accompagner les contractions plutôt que de lutter contre. Il existe différents types de respiration : abdominale, thoracique, etc, qui sont mobilisées par toutes les techniques énumérées ci-dessous.

  • Chant prénatal : Parfois, on peut ressentir le besoin de faire d’émettre des sons pendant la phase de dilatation du col de l’utérus. Il peut s’agir d’un phénomène instinctif car il existe un parallélisme entre les différents sphincters du corps, notamment entre le larynx et l’utérus, d’où la fameuse phrase « bouche molle, col mou ». La vocalisation accompagne l’ouverture et le passage de l’enfant. De la même façon que le chant utilise le périnée pour soutenir la voix, la voix peut soutenir le périnée dans son effort d’assouplissement. De plus, les vibrations de la voix permettent d’amoindrir la douleur.

La technique du chant prénatal peut être abordée dans certains hôpitaux ou avec des professeur.e.s de chant.

Eau chaude :

  • l’utilisation de compresses d’eau chaude sur certaines zones (ventre, dos) peut atténuer la sensation de douleur.

  • Le bain est recommandé à partir de la phase active. Il a des vertus relaxantes et antalgiques et peut accélérer le processus de dilatation. Il est possible de l’utiliser jusqu’à la délivrance et même d’y donner naissance (voir la rubrique “Naissance dans l’eau”).

Visualisation :

  • Sophrologie : Vous pouvez prendre quelques séances de sophrologie avec un.e sophrologue ou une sage-femme afin d’apprendre à respirer et créer une bulle dans laquelle vous immerger. Cette méthode peut être plus facile et rapide à mettre en place que la méditation si vous n’en avez pas l’habitude.

  • Hypnose : L’hypnose est une méthode permettant de se mettre en état modifié de conscience (EMC) et en état de relaxation afin notamment de ne plus ou de moins être sous l’emprise du mental et des peurs, mais en confiance et en attitude positive. Elle peut être proposée par une sage-femme formée à cet effet.

  • Méditation : La méditation vous aidera à rester centrée et calme. Pour un bon résultat, il est recommandé de commencer tôt dans la grossesse. Il existe plusieurs approches de la méditation : pleine-conscience, mantras, méditations à partir d’objets, etc…

Points anti-douleur :

  • Méthode Bonapace : Julie Bonapace a mis au point une méthode de gestion de la douleur à pratiquer en couple, à partir de zones « gâchettes » (points sensibles supposés détourner la douleur de l’utérus).

Postures :

  • Méthode De Gasquet : Bernadette de Gasquet a été kinésithérapeute avant de devenir médecin. Elle s’est beaucoup intéressée aux questions posturales dans le phénomène de la naissance et a publié de nombreux ouvrages sur les positions d’accouchement. Son conseil, que vous retrouverez partout : restez en mouvement pour accompagner la naissance du bébé et ouvrir votre bassin. Les positions qui vous sembleront les moins douloureuses sont certainement les bonnes. La douleur liée aux frottements de la tete du bébé sur les os du bassin peut être réellement réduite par des postures adaptées, inspirées instinctivement par la femme, qui facilitent la progression mécanique du bb ds le bassin.
  • Yoga prénatal : Le yoga prénatal peut favoriser l’apprentissage d’une bonne gestion du souffle. L’entretien de la mobilité et la musculature contribuent au maintien d’une bonne qualité de vie pendant la grossesse. Il offre l’opportunité aux femmes de s’approprier leur corps changeant et de se familiariser avec des postures qui peuvent être bénéfiques à la gestion de la douleur et la descente de l’enfant pendant le travail.
  • Danse prénatale : Technique en développement, la danse prénatale vise à accompagner la descente du bébé et à favoriser l’ouverture du bassin. S’il ne s’agit pas d’une technique de gestion de la douleur à proprement parler, la mobilisation du corps apporte un soulagement des tensions et peut offrir une issue à des postures douloureuses.
  • L’eutonie : L’eutonie est une méthode développée par Gerda Alexander. Elle repose sur une approche corporelle globale, c’est-à-dire une attention portée aux sensations du corps et au développement de ses perceptions corporelles, en lien avec l’esprit et l’environnement immédiat.

Être entourée… ou pas ! Selon les personnes, selon les phases de travail, certain.e.s trouveront un réconfort auprès d’un proche : le futur père, la sage-femme ou une accompagnante qui pourront offrir un soutien matériel (apporter de l’eau, éventer, distraire, masser, soutenir…) et psychologique (être présent, caresser, rassurer,…). Pour d’autres, la solitude sera le lieu de la sécurité. Il faudra alors que les accompagnants soient finement à l’écoute des besoins de la future mère et en mesure de l’aider à les remplir.

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